Le bon train

Pour me rendre au bureau, je prends le train tous les jours. Aller-retour. Du lundi au vendredi, qu’il pleuve, neige, vente. Sauf en cas de grosse grève, là je suis coincée chez moi. C’est sympa aussi.

Et pour me rendre à la gare je marche. En ce moment c’est pénible. Mes chaussettes sont trempées.

Je connais les horaires de mes trains par cœur. Et pourtant, tous les soirs je vis une véritable angoisse : « suis-je montée dans le bon train ? »

C’est incroyable ce qu’une vieille histoire peu marquer à jamais. Les faits remontent à quelques années. A fort, fort longtemps en fait, je viens de compter sur mes doigts, et je n’en avais pas assez.

Premier diplôme en poche, premier vrai job à Paris. Le temps de trouver un appartement j’ai fait le trajet Reims-Paris tous les jours. C’était bien avant l’arrivée du TGV. Usant.

Un vendredi après-midi, veille de réveillon de Noël, ma responsable m’a permis de partir beaucoup plus tôt que prévu, histoire de profiter un peu plus longtemps des miens ou de terminer les cadeaux de dernière minute. Joie dans mon cœur et vive le vent d’hiver.

Métro, gare, train. Jusqu’ici tout va bien. J’en profite pour dormir sans baver sur mon voisin, mais ceci est une autre histoire.

Arrivé à l’avant-dernière gare du trajet, le train est resté longtemps à quai. Longtemps, longtemps… Ce qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Mais non.

Il a fini par démarrer. Mais pas dans la bonne direction.

Cœur tambourinant, sueur froide qui perle sur le front. J’ai bondi vers l’arrière du train. Vision d’horreur j’étais désormais dans le dernier wagon. Mais où sont passés tous les autres. Tous ceux que j’ai traversé pour trouver une place.

Nausée, et 2 barres de batteries sur le portable. « Allô Papa, j’aurai un peu de retard finalement ».

Après avoir essuyé les rires des contrôleurs, et leurs explications « c’est parce que ce train se divisait en deux vers deux destinations. Mais pas du tout, du tout à côté. M’enfin c’était écrit hein ! », les trajets en train vers d’autres villes, les heures d’attente dans des gares glauques, je suis enfin arrivée à destination. Le lendemain… Minuit avait sonné, nous étions samedi. Dîner devant mes parents hilares. Il était temps d’aller me coucher.

Désormais tous les soirs je me montre d’une extrême prudence. Je lis, relis, et re re lis encore le panneau d’affichage.

Devant la voie, je lis le panneau d’affichage, avance sur le quai, reviens sur mes pas, lis de nouveau les villes desservies pas mon train. Je veux être bien sûre tu comprends ?

Même à ce moment, je ne suis pas tout à fait rassurée. Je me retiens de demander à ma voisine si le train s’arrête bien dans ma ville.

Je ne suis vraiment rassurée que lorsque le contrôleur énonce les arrêts du train. Je suis au bord de l’apoplexie si jamais c’est inaudible.

Te raconte même pas mon état quand j’ai pris le train pour la première fois pour aller chez MySista.

1 comment for “Le bon train

  1. 31 mai, 2016 at 15 h 54 min

    Atfff … Plein de bisous !

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